jeudi 30 septembre 2010

Lubero: les femmes de Kyavinyonge dans la rue pour protester contre les viols


Une centaine de femmes sont descendues dans les rues de la cité de Kyavinyonge située à plus de 300 kilomètres au Nord de Goma dans le territoire de Lubero ce jeudi 30 septembre. Elles ont protesté contre les actes des viols dont elles se disent victimes de la part des hommes armés, accusant les gardes parc de l’institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) ainsi que des militaires des Forces armées de la RDC d’être les auteurs des ces actes.
L’une d’entre elle a témoigné :
«  Nous manifestons parce que nous sommes violées par des gardes parc ainsi que des militaires. Nous souffrons. Quand nous allons chercher du bois dans le parc, ils nous violent. »
A en croire les manifestantes, seize femmes ont été violées au cours du mois de septembre.
Elles affirment par ailleurs que d’autres cas de viol ne sont pas signalés car certaines femmes craignent d’être répudiées par leurs maris.
Pour les responsables de l’ICCN, cette affaire a été montée de toute pièce.
Ils expliquent que nombre de femmes de Kyavinyonge s’associent à des militaires incontrôlés pour s’adonner au braconnage, une activité rendue difficile depuis l’instauration des patrouilles mixtes entre les militaires de l’armée congolaise et les gardes du parc.
Les responsables de l’ICCN demandent une expertise médicale pour confirmer ou non les allégations des manifestantes.

mercredi 29 septembre 2010

Le Chef d’EMG des FARDC, Didier Etumba, invite ses compagnons d’armes à s’interdire des pratiques d’une armée de déshonneur !

Les responsables militaires tous grades confondus sont invités à se détourner résolument des pratiques qui déshonorent, un appel lancé par le Lieutenant général Didier Etumba, Chef d’Etat-major général des FARDC à ses compagnons d’armes.
Le chef d’Etat-major général des FARDC, le lieutenant général Didier Etumba, a invité ses compagnons d’arme, tous grades confondus, à se détourner à jamais de l’armée qui déshonore, au cours d’un entretien avec la presse militaire mardi à l’état- major général, au Mont -Ngaliema. Le général Etumba qui répercutait les ordres du commandant suprême des FARDC, a souligné que pour ce dernier, l’armée qui déshonore s’illustre par des viols, vols, pillages, tueries, vexations ou qui se livre à l’exploitation illicite des matières premières.

Selon le chef d’état-major général, tout détournèrent de fonds et autres biens de l’armée seront sanctionnés par des séjours prolongés en prison quel que soit le grade. Tout officier se livrant au commerce fera le choix entre le métier des armes et ses activités lucratives. Tout officier ou soldat refusant une mutation subira la rigueur de la loi.

La « tolérance zéro », a-t-il dit, se poursuit et demeure de rigueur. Il a, en outre, dénoncé la calomnie qui, souvent, affecte des innocents, mettant en garde ses auteurs qui subiront la rigueur de la loi. Cette même rigueur va également s’appliquer à celui qui aura procédé à l’arrestation arbitraire d’un innocent.

Place à une formation pour rendre une justice militaire davantage efficace et équitable

Magistrats et auxiliaires de la justice militaire viennent d’intégrer les normes d’équité procédurale dans la pratique du droit pénal militaire en RD Congo, à l’issue d’une formation de trois jours assurée à Kinshasa, au Centre supérieur militaire, sous le thème « Efficience et Equité procédurales ». La Formation financée conjointement par la Monusco et un institut américain de droit militaire. Les enseignements ont été assurés par des magistrats du parquet, ceux du siège ainsi que des inspecteurs de la police judiciaire des FARDC.

Cette formation rend les opérateurs judiciaires militaires plus aptes à mieux engager les procédures judiciaires. Selon l’avocat général près la Haute cour militaire, le colonel Toussaint Mutanzini, cela va se sentir dans le travail quotidien que les magistrats militaires auront à exécuter. En matière des violences sexuelles, par exemple, on retient que, désormais, les enquêtes judiciaires seront menées avec efficacité et équité, et leurs auteurs ne resteront pas impunis.

Déjà, il y, aura des pratiques sur terrain pour que la problématique des violences sexuelles soit prise en charge de manière plus correcte, a souligné la même source. Pour le ministre de la Défense nationale, Charles Mwando Nsimba, qui a clôturé cette formation, la justice militaire doit, en plus, subir des réformes pour répondre aux attentes d’un Etat de droit. « Nous sommes appelés à édicter de nouvelles dispositions légales et réglementaires pour adapter l’ordonnancement juridique actuel à la Constitution du 18 février 2006, a-t-il déclaré.

Aussi, le ministre Mwando évoque-t-il le besoin de pourvoir au personnel judiciaire militaire afin de liquider les affaires en souffrance. Il ne faut pas oublier qu’il y a manque de personnel. Le personnel est insuffisant. Les dossiers en cours d’instance nécessitent un supplément du personnel», a ajouté le ministre de la Défense. Dès la semaine prochaine, une autre session du genre aura lieu à Goma, au Nord-Kivu.

ACP/Forum des As

lundi 27 septembre 2010

Congo-Kinshasa: Un rapport décrit la sauvagerie des viols de masse début août dans l'est

L'ampleur et la sauvagerie des viols de masse perpétrés par plusieurs groupes armés entre le 30 juillet et le 2 août dans la région de Walikale à l'est de la République démocratique du Congo (RDC) défient l'entendement, a déclaré la Haute commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, à la suite de la publication vendredi d'un rapport préliminaire sur ces viols par le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) en RDC.
« Même dans l'est du pays où les viols sont un problème constant depuis ces 15 dernières années, cet incident met en lumière l'extraordinaire sang-froid et la manière systématique avec lesquels ces crimes ont été planifiés et exécutés », a ajouté Mme Pillay.
Au moins 303 civils ont été violés, pour la plupart plusieurs fois. Les victimes identifiées sont 235 femmes, 52 jeunes filles, 13 hommes et 3 garçons. Au moins 923 maisons et 42 magasins ont été pillés et 116 personnes ont été enlevées pour les emmener dans d'autres lieux où elles seront contraintes au travail forcé. L'équipe du HCDH a visité les 13 villages où ont été perpétrés ces crimes. Les experts estiment qu'il y aurait davantage de victimes non signalées, certaines d'entre elles se cachant toujours dans la forêt ou bien ont fui.
Les attaques se sont déroulées pour la plupart de nuit, sur une période de quatre jours, et ont été menées par un groupe de 200 hommes provenant de 3 groupes armés ; les Maï Maï Cheka, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des membres proches du Colonel Emmanuel Nsengiyumva, un déserteur de l'armée congolaise. Armés de mitraillettes AK 47, de grenades et de machettes, les agresseurs se sont présentés aux populations d'abord comme des protecteurs voulant assurer la sécurité des villages, avant de lancer des attaques par petits groupes.
Ils ont ensuite coupé les routes et pris le contrôle des collines alentours empêchant les populations d'alarmer la police ou les Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Alors qu'un groupe violait et pillait, un autre interceptait les personnes qui tentaient de fuir par la forêt.
Selon le rapport préliminaire du HCDH, les hommes du FDLR commettent des représailles sur les populations depuis 2009 aux motifs qu'elles seraient « pro-gouvernementales » et considérées comme des « traîtres ». Le HCDH fait le lien entre ces crimes et l'exploitation des mines. Les experts pointent aussi les faiblesses des Forces armées congolaise (FARDC) dans la prévention et la réponse à ces crimes.
« Le cycle d'impunité des violences sexuelles dans cette partie de la RDC doit être cassé », a dit Navi Pillay. Elle recommande que chaque victime « puisse avoir un soutien psychologique et médical » et « recevoir des réparations ».
« J'appelle la communauté internationale à procurer plus de soutien à la RDC », a-t-elle conclu.
Les FDLR ont également attaqué 19 autres villages au nord-est de Shabunda pendant les trois premières semaines du mois d'août. Plus de 210 viols auraient été commis. Le HCDH n'a pas encore été en mesure de confirmer ces cas et d'enquêter sur les circonstances exactes de ces crimes, à cause de l'extrême insécurité qui règne dans cette zone.